Mardi 5 décembre 2006
publié dans : Bloc-Notes

1/ Ségolène Royal au Moyen-Orient

Dans des conditions qui n’étaient pas optimales : manifestation du Hezbollah contre le gouvernement Libanais, rupture entre le Hamas et le Président Habas en Palestine, Ségolène Royal a démontré sang froid et reconnaissance internationale. Quant à la polémique Libanaise provoquée par le représentant du Hezbollah: « Les propos non traduit sont des propos non tenus ».

 

2/ Sarkozy ou la continuité tranquille

Nicolas Sarkozy est candidat à la candidature de l’UMP à la présidentielle. C'est-à-dire candidat du même parti à la présidence de la République. Tant il est vrai que le ministre / président / candidat est seul en son royaume. Il aimerait bien trouver un sparing partner pour faire comme au Parti Socialiste. Mais personne n’a envie de prendre une dégelée. Il s’en va donc s’écriant « mais si je vous promet un bon petit chiffre, je combattrais une main dans le dos… les yeux bandés… dans les conditions que vous voulez ! » Mais rien n’y fait. Il a écrasé, pulvérisé, marginalisé tout le monde et se trouve aujourd’hui fort dépourvu pour de vraies fausses primaires : Eh oui à régner en maître, on triomphe sans gloire. Alors Sarko propose un match amical : des forums sans enjeu où Alliot Marie pourrait faire comme si, avant de faire comme ça, et jeter l’éponge milieu janvier. Bref Sarko veut amuser la galerie car il a peur de faire tapisserie.


Mais ici n’est pas l’essentiel, ce qui compte c’est l’interview multimédia. Elle fixe pour l’instant l’orientation de l’impétrant. Nous avions eu le Bonapartiste autoritaire puis le libéral rupturiste, enfin le Bonapartiste libéral. Tout cela pour déboucher sur la continuité tranquille.


Ça y est, et c’est dit ! Sarkozy assume le bilan de Jacques Chirac. Certes le sacre valait bien une messe. Mais elle risque de lui rester sur l’estomac. Car voilà notre « Monsieur 100 000 volts », « Monsieur 1 millions de pixels » chargé comme un mulet du bilan calamiteux des années Chirac.


Aucune critique ! Aucune distance ! Aucune rupture ! Il est tranquille comme Baptiste. Tellement tranquille que la rupture est devenu un couteau sans lame ; Et la critique chiraquienne une génuflexion admirative pour le résident de l’Elysée.


Et voilà l’équation Sarkozienne posée : La France d’après c’est la France d’avant !


Bref, en attendant un 18 brumaire, ce ne fut qu’un passage de témoin sans témoin, avec pour tout drapeau : J’assume ! Même Jean-Louis Debré n’en revient pas. Quant à De Villepin, il a dû concéder un « voilà qui clarifie les choses » avant d’aller déposer devant les juges pour l’affaire Clearstream.


Puisque l’on évoque pour Ségolène Royal la « deuxième vie » de François Mitterrand. Lui sera le prolongement de Chirac. Et dès le lendemain il déploie avec talent et méthode la martingale chiraquienne qui a tant réussi : « A chaque jour sa posture ».


Il plaide pendant trois heures devant cinq millions de téléspectateurs pour sa « continuité tranquille ». Tout ce qu’on a fait est formidable. La preuve « je vais tout changer ». Et dans ce registre, il a réponse tout de même aux critiques sur Ségolène Royal « qui vaut bien mieux que d’être réduite à sa qualité de femme ». Tout comme Chirac, on vous le dit, il va pratiquer le baise-main. Mieux le Ministre/Président/candidat se lancera le 14 janvier à la Porte de Versailles, tout comme Jacques Chirac il y a 30 ans pour fonder le RPR, la continuité quoi…


Ce faisant Sarkozy est maintenant dans notre ligne de mire. Son projet, c’est le troisième mandat de Jacques Chirac. Il veut continuer une politique qui a échoué. Cette histoire de bilan va être pour lui ce que le sparadrap fut au Capitaine Haddock. Son projet est évidemment une rupture libérale. Mais il a décidé de le reléguer… pour mieux le faire passer ? En tous cas le candidat de la droite va jouer l’essuie glace entre bilan et rupture. Pas sur que ceci permette de mobiliser un peuple. Le débat sera donc entre le vrai changement et la vraie fausse continuité.

 

3/ Bayrou ou le sermon sur la montagne

Là Bayrou il a fait fort. Dans un nouveau genre « plus en province que moi tu meurs » ! Dans le style « seuls les vrais gens m’intéresse ». Dans le cadre « gens d’en bas » il s’est déclaré aux pieds des Pyrénées. Là vous ne pouvez pas faire plus « France profonde » sinon vous passez la frontière. Il faudra que l’on nous explique quand même le pourquoi ? Outre le fait que tous les candidats soient dans la protestation, pourquoi ce goût pour les nouvelles provinciales ? Parce que « cette France là ne ment pas » ? Nous pensions que la présidentielle visait à rassembler les Français, à refaire la nation. Quel message envoie t-on aux urbains, aux banlieues, aux couches populaires suburbaines. Ils ne sont pas la vraie France ? Sarkozy nous avait déjà fait le coup avec sa déclaration multiplexe de province.


Laissons la forme. Je croyais Marianne universelle. Passons au fond. Là aussi on a de quoi être déçu. Bayrou s’annonçait loup… poursuivant la brebis galeuse du système. Le voici berger rassemblant les moutons. Le discours n’est pas l’apocalypse d’un système à bout de souffle. Mais le doucereux flûtiau de celui qui veut faire travailler ensemble la gauche et la droite. Mais oui ! C’est bien sûr ! Le fameux « deux Français sur trois » de Valéry Giscard d’Estaing. Ceci ne nous rajeunit pas. Nous attendons avec délice un Bayrou style « le Jean-François Kahn de l’extrême centre » et accueillons avec scepticisme une démocratie chrétienne « pasteurisée ».


Voilà qui laisse à la gauche en général et au PS en particulier l’espace de l’alternative. On aurait tort de ne pas en profiter.

 

4/ La fraîche défaite

Georges Frêche n’est pas – loin s’en faut – la caricature que l’on dresse de lui. Et c’est bien là tout le problème. C’est un dirigeant socialiste cultivé, expérimenté et qui sait parfaitement ce que parler veut dire.


Les propos qu’il a tenus lors d’un conseil d’agglomération à Montpellier, sur l’équipe de football ont de quoi faire sursauter. « Dans l’équipe il y a neuf blacks sur onze, la normalité serait qu’il y en ai trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société ». Georges Frêche ne le dément point puisqu’il signe le lendemain lors d’une conférence de presse : « Là il s’agit d’interprétations (de mes propos) qui sont totalement étrangères à leurs significations (…) je voulais dire qu’il n’y avait pas assez de blancs ».


Dans un cas contesté ou dans l’autre avéré, Georges Frêche fonde donc son analyse de l’équipe de France à partir de la race, tout du moins, de la couleur de la peau. Lorsque Le Pen déclarait qu’il y avait trop de juifs dans la presse Parisienne, il tenait des propos antisémites et Georges Frêche demandait à Monsieur le Président Blanc qui gouvernait avec le Front National de le condamner ou de s’en aller.


Mais ceci est tellement évident que je n’ai aucun doute sur l’issue de la commission des conflits. Outre le fait que George Frêche est suffisamment instruit des propos de Le Pen en déclarant mot à mot la même chose. Il faudrait un sens aigu de la rhétorique pour démontrer que distinguer les blancs des noirs dans une équipe ne relève pas d’une analyse raciale. Quand même ! Le fait que Georges Frêche ne l’ai pas perçu en dit long sur notre défaite en ce domaine. A vouloir troquer des principes contre un prétendu bon sens populaire on finit par passer la frontière.


A moins que les propos n’aient pas été tenus, c’est possible mais alors il ne fallait pas convoquer une conférence de presse le lendemain pour les expliciter. Cette histoire est illustrative de notre désarroi face au choc des identifications. Le principe d’égalité ne fonctionne plus, percuté qu’il est par le différencialisme et l’illusion de sa capacité intégratrice si ce n’est assimilatrice. C’est une banalité que de dire que l’idée de la nation lorsqu’elle s’est installée en France au XIXème siècle, s’est appuyée sur une représentation très particulière du citoyen ; il est homme, il est blanc. Le citoyen avait donc des concepts universels « liberté, égalité, fraternité » qui exclut de leurs champs, les femmes, les noirs etc...

La force de la République est telle qu’elle pourra quand même penser et conduire la fin de l’esclavage, l’égalité homme-femme, voir la liberté sexuelle. Et donc tendre vers son énoncé universaliste. Mais ce faisant elle a ouvert la porte à la diversité. La défense mécanique des principes Républicains a conduit soit à l’exclusion totale des minorités visibles, soit à son contournement par des quotas pour rattraper le retard (les femmes). La montée critique des minorités pour leur égalité dans la représentation, dans tous les domaines de la société produit des crispations sur une identité dépassée qui peut se muer en racisme. Le GRECE, le Club de l’Horloge puis à leur suite Jean-marie Le Pen avaient remarqué et utilisé ce « détail ».


Nous sommes confrontés à une crise générale de la représentation où l’inégalité de traitement est légitimée par l’égalité formelle. Cela ne durera pas longtemps. Les stigmatisations de Nicolas Sarkozy, « racaille », Karcher », « bandes ethniques », comme la distinction noirs et blancs de Georges Frêche provoquent des réactions profondes dans notre France.


Si la gauche n’ouvre pas le chantier de l’égalité réelle civique qui ne serait se substituer à celle de l’égalité réelle sociale, mais participe du même mouvement de l’égalité réelle comme DSK l’a proposé. Alors le risque est grand d’une radicalisation. Dieudonné bouffon triste de l’antisémitisme a été jusqu’au bout. Du droit à la différence contre Le Pen, à la reconnaissance du droit de Le Pen à affirmer la sienne. Prenons acte de ce que la dernière sortie de Georges Frêche est une défaite. Il y a urgence à la clarté dans nos rangs et à prendre la tête du nouveau mouvement pour le renouveau des droits civiques.

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commentaires (7)   
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Commentaires

DSK et vous-même vous engagez très peu dans la campagne et vous avez raison....


SR commence à être franchement inquiétante. Jusque là il y avait son peu de solidité qui ne rassurait pas, ses déclarations à l'emporte pièces suivies de reculades.....Son refus d'aborder la plupart des sujets....


Et puis tout à coup sur l'international et sur l'Europe des positions qui veulent entraîner le PS sur un chemin dangereux. L'accord passé avec Chevènement montre notamment un rapprochement avec des thèses souverainistes, que sa déclaration ( contredite ensuite en partie comme d'habitude) sur la BCE laissait entrevoir....


J'ai bien peur que SR ne soit pas seulement démago, ce qui finalement ne serait  qu'un moindre mal...et si répandu..

commentaire n° : 1 posté par : marc d HERE (site web) le: 11/12/2006 12:41:24

quoiqu'il en soit à lundi à Toulouse  


° )


 

commentaire n° : 2 posté par : christophe cavailles (site web) le: 09/12/2006 18:27:27

Trop, c’est trop !!!!


C’est vrai que je ne suis pas totalement en accord avec Mr BAYROU. Ca me fait mal de l’entendre prendre la défense de Mr JUPPE,


Je ne supporte plus les prescriptions (ex avec le Téléthon.)Des catholiques qui se prosternent devant des idoles couvertes d’Or.


J’ai honte de moi à l’ouverture de la 22° année des Restos.


J’ai honte de mon pays qui a permis à des vautours de le piller de l’intérieur.


Mais j’ai vu, sur place, la misère dans des pays comme l’Ethiopie (qui meure peut à peut)…


Je voudrais laisser à mes enfants et petits enfants, autre chose que la décadence d’une ancienne grande nation. Des hommes, des femmes et des enfants sont mort pour nous donner une démocratie (quel beau mot aujourd’hui vide de sens).


J’ai mal en écoutant ces prélats (ou prédateurs) nous mentir !


Je n’ai rien contre le fait d’avoir une femme Présidente, en principe elles donnent la vie à l’humanité. (L’humanité serait de vouloir le bonheur des humains). Mais celles qui ne veulent profiter d’être une femme pour mettre en place sournoisement, des méthodes d’enrichissement des élus, pas d’accord avec vous Madame. (Au détriment de ceux qui peinent).


Avouez publiquement vos accords avec Mr CHIRAC pour obtenir votre visa pour le Proche-Orient.
La Gauche
va voter la loi qui accordera aux anciens Chefs de l’état, le statut de Sénateur à vie ? (Donc bénéficiant de l’immunité à vie) Scandaleux et digne de Mitterrand !  


Je dis stops ! Trop c’est trop.


J’aimerais avoir étudié pour citer Socrate, j’aimerais avoir fait Science Po, pour vous démontrer le mensonge de nos dirigeants. J’aimerais être un sage que l’on écoute pour vous indiquer le chemin du bonheur.


Mais je ne suis qu’un pauvre homme qui a mal. Un spectateur des ravages de l’avidité des hommes. Pourquoi ce bain de sang en 1789 pour en arrivé la ?


Par sa franchisse, Mr BAYROU est-il le meilleur ou le moins pire ? Je l’espère.


Je vais lui faire confiance en votant comme je l’ai toujours fait depuis des années.


Je ne serais qu’une petite voix dans l’océan des déçus.


J’espère que le jour où je quitterais ce monde, il y aura ailleurs quelque chose de plus beau et de plus humain.


Bon courage à cette jeunesse qui n’a pas demandé à vivre dans ce monde.Je vous présente toutes mes excuses pour avoir, malgré moi, participé à ce gâchis.   


Un bon livre pour Noël : Après Mitterrand et les 40 voleurs, Jean MONTALDO sort aux édition Albin MICHEL, son livre : CHIRAC et les 40 menteurs.

 



La preuve de la qualité de son travail est démontré par un manque : personne ne le poursuit en justice !


   



 


commentaire n° : 3 posté par : Papybom le: 09/12/2006 16:17:14
admirateur de votre volonté, à vous et DSK, de vouloir forger une Soc Dem à la française, je m etonne que vous ne condamniez pas les propos de Royal sur l'indépendance de la BCE.....
reconnaissez que chez elle, ça ne vole pas tres haut en économie...
commentaire n° : 4 posté par : trichais le: 08/12/2006 20:34:10

DSK était à l'heure de la France au bon moment, mais en retard sur l'heure de la gauche au Mans,  car trompé par qui l'on sait, et par la suite, "porteur trop tardif d'un vrai projet social-démocrate". Comme le dit Peyrelevade, et certains blogueurs sur le blog de dsk, beaucoup voteront Bayrou par défaut, et pour ne surtout pas voter Ségo.

commentaire n° : 5 posté par : topaz le: 07/12/2006 14:58:15
Un peu too much le lyrisme sarkozien ... Quant au sermon de Bayrou sur la montagne, Ségolène, elle,  veut la gravir... A chacun sa montagne.  La province  du Béarn de Bayrou est tout aussi respectable que Poitou-Charentes, qui est aussi la France profonde et qui nous siffle dans les oreilles depuis 2 mois. Sans oublier que l'élue a fait ses scores les plus hauts, en province, pas à Paris.
commentaire n° : 6 posté par : topaz le: 05/12/2006 23:06:57
Royal ou pas à l'Elysée, je quitte la France...Petit pays nauséabond peuplé d'idiots universalistes croyant encore en l'apport des Lumières!
commentaire n° : 7 posté par : major tom (site web) le: 05/12/2006 22:42:20

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