Mercredi 31 octobre 2007
publié dans : Bloc-Notes
plume_note.jpgFrançois Hollande inspiré

C’est un copain qui ne l’aime pas, qui ne pratique pas notre sensibilité, qui l’a remarqué… « Décidément François Hollande te pompe », coup sur coup « le PS ne s’oppose pas au traité simplifié », « tout n’est pas à jeter dans la commission Balladur », « l’arche de Zoé pose la responsabilité du gouvernement »… Par trois fois le premier secrétaire s’est inspiré de nos communiqués. Je ne m’en étais pas formalisé car on ne peut pas tout à la fois réclamer du collectif et froncer les sourcils quand le premier secrétaire « chipe » les ballons pour marquer des buts. Non, ce qui est dommageable c’est l’absence de mise en scène de nos présidents des forums pour la rénovation : l’excellent Jean-Jacques Urvoas, Anne Hidalgo et André Vallini font un travail qui mériterait plus de lumière. Car le problème du PS n’est pas d’être dans la lumière médiatique mais de créer la sienne. Nous serions bien inspiré et le premier secrétaire en premier lieu de montrer que le PS « bosse » sérieusement à sa réorientation idéologico-politique. Mais de cela on s’en fout ! Dommage c’est pourtant ici que se joue l’avenir du Parti socialiste.

Augmentez nos salaires de misère !

Tous ceux qui dans les années 70 participaient aux manifestations s’en souviennent, le slogan de la CGT, et souvent de leurs permanents ! C’était « Augmentez nos salaires de misère ». Voilà pourquoi la note de l’Elysée tout à coup présentée à l’opinion, réclamant une augmentation de 140% du salaire du chef de l’Etat a pu en faire sourire certains.
Voilà une vraie faute politique – l’augmentation ne pose pas de problème en soi – Mais cette annonce dans de telles proportions, au moment où les Français galèrent car le pouvoir d’achat stagne. Ce n’est pour le moins pas très heureux.
Si on joint ceci au coup de sang de Nicolas Sarkozy devant CBS, au prétexte que sa journaliste posait des questions sur les déboires du couple Sarkozy, on se dit que tout à coup le Président perd la main. Un coup de « moins bon » disait-on la semaine dernière, cela se confirme !

Balladur au rapport

Mi juillet, à Epinal, le Président de la République avait fait de la réforme des institutions la pierre angulaire de son offensive politique… La composition de la commission où l’épisode Jack Lang bouscula le PS en était l’un des vecteurs. Mais le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des espérances présidentielles.

Certes il ne s’agit pas de la VIème république. On a concédé le droit de visite à l’Assemblée Nationale du Président de la République. Le Sénat n’est pas touché par la réforme. Le cumul des mandats a peine effleuré… et la proportionnelle anecdotique.

Certes il y a des propositions baroques comme la 15ème proposition « substituer au système actuel du parrainage, une présélection des candidats par un collège de 100 000 élus » ou le premier tour des législatives, le 2ème tour de la présidentielle.

Mais il n’en reste pas moins que les pouvoirs du président sont encadrés et ceux du Parlement renforcés, que ce soit la question de l’ordre du jour où la réduction du 49.3 au seul débat budgétaire.
En fin de compte c’est un retour à 1958 contre 1962. 1962 c'est l'élection du Président de la République au suffrage universel, qui est dans la droite ligne du discours de Bayeux de Charles de gaulle au sortir de la guerre ;  1962 c'est tout à la fois continuité et rupture vis-à-vis de la modification constitutionnelle de 1958.
Continuité politique mais coup d’état institutionnel ! Disait François Mitterrand.

Ce que propose le comité Balladur c'est une sorte de timide rupture avec la lecture gaullienne de la Vème.
Monsieur Balladur en bon Pompidolien ne partage pas la vision d’un exécutif incarnant à ce point l’intérêt général contre le régime des partis qu’il puisse s’y substituer comme le préconisait le général.

Et ici « l’astuce » Sarkozienne s’est retournée en son contraire. Il ne fait pas de doute que les « Duhamel/Carcassonne/Schramek » » ont eu raison du gardien du temple Mazeau.
Au final le débat fait grincer les dents à droite. Ayant débattu avec le très gaulliste et ancien Président de l’Assemblée Patrick Ollier hier, je peux me rendre compte combien l’UMP est hostile à un projet qui lui semble contraire à la doctrine gaullienne.

Comme le dit à juste raison Pierre Moscovici, il y a dans le rapport Balladur « qui comporte beaucoup d’imperfections, bien des propositions inspirées  par la gauche, qui gênent l’UMP ». Voilà pourquoi tout en gardant notre autonomie de sujet – rapport Vallini – la gauche peut donc à la fois – et pour la première fois – souligner la division à droite – voire même la division entre le Président et sa majorité – et soutenir ce pas, encore timide certes mais bien réel, de rupture avec la logique de la Vème République enfermant dans une cage de fer le parlementarisme.
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (3)   
Mardi 30 octobre 2007
publié dans : Actualité
Communiqué de Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris

Paris, le 30 octobre 2007

Le Président de l'Assemblée Nationale n'est pas dans son rôle !

M. Bernard Accoyer tente de déclencher une polémique contre le comité «Balladur ». Il commet une double faute.

D'abord il n'est pas dans son rôle. Le rapport Balladur, sûrement critiquable au regard des exigences de la gauche, rétablit le rôle du Parlement. Mais ensuite M. Accoyer tente de torpiller le non cumul des mandats, au nom de la stigmatisation de la proportionnelle. Tout élu qui ne serait pas un représentant du terrain serait : « un élu de fauteuil rouge ». Cette caractérisation est tout à fait inadmissible. Les « sans » de l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire ceux qui ne cumulent pas se sentent giflés par cette stigmatisation du président de l'Assemblée. On peut ne pas être élu sur le territoire d'une collectivité locale et représenter dignement le peuple.

Par ailleurs, la proportionnelle c'est la représentation politique de la nation et non l'expression mécanique de collections de terroirs. Le Président de l'Assemblée Nationale doit revenir sur ses propos. Car il se fait en ce domaine le représentant d'une faction de l'UMP plutôt que de la collectivité des parlementaires.
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (0)   
Lundi 29 octobre 2007
publié dans : Médias
voixestlibre.jpgPrésentée par Jean-Jacques Cros sur France 3 le Samedi 27 octobre 2007
Invité : Jean-Christophe Cambadélis

DSK parti, vous êtes orphelins les « Strauskhaniens » ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. Un peu évidemment ! Mais comment s’appelle votre émission déjà ? « La voix est libre » non ? Alors allons-y !

Vous avez adressé une lettre ouverte aux présidentiables –Ségolène Royal et Bertrand Delanoë principalement- les mettant en garde contre les risques d’un affrontement lors du prochain congrès. Ne dramatisez vous pas ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. Il nous faut éviter deux écueils : le congrès de désignation et le congrès d’inhibition. Un congrès de désignation conduirait à un débat de présidentiable et à un affrontement sur la nature du PS. L’histoire nous apprend que la combinaison des deux peut avoir des conclusions déflagratoires. Un congrès d’inhibition aboutirait à une espèce de synthèse molle. Nous avons plutôt besoin que le PS fasse définitivement son Bad Godesberg avec un congrès d’orientation qui définisse un socialisme moderne, pour une nouvelle stratégie et une nouvelle organisation.

Quelle est votre solution pour sortir de la compétition des présidentiables ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. Les présidentiables sont bien gentils mais ils doivent apprendre à jouer collectif. Sinon, il n’y aura pas de sortie de crise. Car si le débat se réduit à ceux qui dénoncent la création d’un parti de supporters contre ceux qui stigmatisent un parti conservateur, on n’est pas sorti… La gauche et au-delà le pays attendent un socialisme moderne capable d’être utile aux Français. Au niveau d’une nouvelle direction du PS, nous devons construire un périmètre de confiance, réapprendre la solidarité, et à jouer collectif. Enfin il faut entreprendre la construction d’un grand parti de toute la gauche. L’enjeu, c’est un nouveau 1905, lorsqu’il fallait rassembler toutes les familles de la gauche dans une seule formation. La crise entre communistes et socialistes depuis 1920 est aujourd’hui obsolète et le défi de la gauche est celui d’un modèle de développement durable dans la mondialisation, ce qui induit de rassembler les écologistes.

Mais lors du prochain congrès, il faudra élire un premier secrétaire…

Jean-Christophe CAMBADELIS. Pour les deux ans à venir, il nous faut des speakers sur une même orientation plutôt qu’un leader contesté par des présidentiables éconduits.

Mais de nombreux dirigeants se proposent d’être 1ersecrétaire…

Jean-Christophe CAMBADELIS. Ecoutez le temps des petits chefs qui promeuvent leur ego sur les plateaux est terminé ! C’est à la fois fatigant, pathétique et dépassé. La « chefaillerie » c’est fini, vous m’entendez fini ! Si nous voulons reconstruire il faut réapprendre à jouer collectif !

Vous diriez la même chose si Dominique Strauss-Kahn n’était pas au FMI ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. Cette analyse, c’est la sienne. J’en ai longuement discuté avec lui. Il m’a convaincu qu’il fallait libérer le débat d’idées et le renouveau socialiste de la contrainte présidentielle. Il s’est appliqué ce principe. Il a été l’un des premiers à citer en exemple Benoît Hamon, Harlem Désir, Montebourg, Borgel ou Guillaume Bachelay, en leur disant c’est à vous de jouer !

Pour fonctionner de manière collective, le PS doit être d’accord sur le fond. Sur le traité simplifié européen, avez-vous une position commune ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. Le fait notable c’est que le PS ne s’opposera pas à ce mini traité, qui permet de dégripper l’Europe. C’est une rupture depuis les divisions du référendum de 2005 et tant mieux. La manière de ne pas s’opposer, de l’adopter, vote « oui » plutôt en vogue, abstention plutôt vague, ou refus de vote plutôt anti-Sarko, cela est secondaire. Ce traité doit être adopté ! Ne rouvrons pas nos divisions. Ne tombons pas dans le piège de Nicolas Sarkozy puisque nous laisserons de fait ce texte passer.

Faut-il un référendum ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. J’étais contre le référendum sur le traité constitutionnel. Aujourd’hui tout le monde dit avoir été contre. Je garde sous le coude leurs déclarations de l’époque. Mais ce n’est pas le sujet. On ne peut plus faire comme si cela n’avait pas eu lieu. On a dérangé le peuple on ne peut pas l’éconduire aujourd’hui, au prétexte qu’il fait des « conneries » lorsqu’on l’a convoqué ! Il ne fallait pas le faire il y a deux ans. On lui a donné le droit de se prononcer, on ne peut plus lui retirer !

La réforme constitutionnelle élaborée par la commission Balladur vise à rééquilibrer les pouvoirs, comme le souhaite le Parti socialiste, la voterez-vous ?

Jean-Christophe CAMBADELIS. Je vais vous faire une confidence. Si le texte au final est bien celui que l’on évoque dans la presse, je serais agréablement surpris. Je commence à comprendre les raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy reporte le débat après les municipales et pourquoi l’UMP gronde. Certes ce n’est pas la VIème république ! On concède au Président son droit de visite à l’Assemblée Nationale et la vraie rupture avec le cumul des mandats n’est pas au rendez-vous, tout comme la proportionnelle. Mais le Parlement est restauré et l’exécutif mieux contrôlé, cela est essentiel. C’est un premier pas dans la rupture avec la lecture gaullienne de la Vème République. Le Président de la République osera t-il braver sa majorité sur le sujet ? Dénaturera t-il les propositions qui, sans nous satisfaire pleinement, vont dans le bon sens, telle est la passionnante question ?

Avec son discours de Tanger ou le Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy a-t-il remporté des succès ?


Jean-Christophe CAMBADELIS. Nicolas Sarkozy sort d’une situation difficile : protestation sociale, mécontentement sur la question des salaires, contestation morale sur l’immigration, et quelques soucis personnels. Il tente par la communication de surmonter cette mauvaise passe en jouant du consensus sur l’écologie. Mais honnêtement sur l’écologie le gouvernement n’a pas forcé son talent en mettant en avant des propositions que tout le monde partage. C’est plus une pétition de bonnes intentions, sous le regard paternel de Nicolas Hulot qu’un programme d’urgence. Quant à son discours de Tanger, je le préfère à celui de Dakar. Il reprend une idée de Dominique Strauss Kahn sur l’Euro-méditerranée. J’aurais mauvaise grâce à faire un procès au Président sur le sujet.
Vous avez adressé une lettre ouverte aux présidentiables –Ségol
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (2)   
Dimanche 28 octobre 2007
publié dans : Actualité
Le Président de la République doit se saisir de l’affaire de l’Arche de Zoé. Une affaire pour le moins pas claire où madame Rama Ayad était informée sans s’opposer tout en s’opposant.

La France voit une dizaine de ses ressortissants en garde a vue et sa réputation humanitaire mise en cause. Cela nécessiterait une intervention du chef de l’état, d’habitude si prompt a se saisir de chaque fait d’actualité.

Jean-Christophe Cambadélis
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (7)   
Jeudi 25 octobre 2007
publié dans : Bloc-Notes
plume_note.jpgChangement de climat

Et puis il fit froid ! Le soleil était toujours là mais on grelottait déjà sous le frimas de l'automne. Ce n'était plus tout à fait l'état de grâce. Le thermomètre des sondages indiquait la baisse et en haut lieu on s'inquiétait. La semaine cumulait tout à la fois le mécontentement politique et les désagréments personnels. Le Président de la République cherchait à rebondir, car rien n'allait plus : L'Elysée sans elle, une grève totale à défaut de grève générale, l'Europe à minima, la tâche de l'ADN (marque génétique indélébile de ce que le Président doit au Front National), le prix du baril de pétrole qui s'envole, les déficits qui se creusent, un paquet fiscal boulet électoral, symbole d'une politique pour les riches ; Et voilà Nicolas Sarkozy qui s'installe en demi saison. Il n'est plus tout à fait triomphant et va inéluctablement vers le moins bien.

Le retour des grèves publiques, la contestation rampante des couches moyennes, le froncement de sourcils des couches populaires devant le pouvoir d'achat en berne, l'inexorable nécessité de rétablir par l'austérité des comptes dégradés. Un Grenelle de l'environnement tellement « bio » qu'il n'arrive pas à faire sens, sans évoquer le feuilleton EADS et l'ire de Villepin. Et au bout. des municipales en demi teinte ou les gains sont incertains dans les grandes villes et le rapport de force défavorable dans les petites. Et puis cette tristesse au fond de l'oil. Décidément ce divorce n'annonce rien de bien. et si cela faisait image, un divorce, pensez donc ! Pour l'opinion, cela peut donner des idées. Il est temps de se reprendre !

Alors le Président de la République décide de contre attaquer avec comme étendard le maigre drapeau du traité simplifié. En politique, il faut gérer l'initiative et Sarkozy décida de la reprendre.

Le traité « S »

Dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 octobre, les 27 chefs d'état et de gouvernements de l'Union Européenne sont parvenus à un accord. un nouveau traité destiné à améliorer le fonctionnement des institutions. Un traité qui réforme les traités antérieurs pour rendre l'Europe plus gouvernable, un traité qui est le premier négocié depuis que l'Europe élargie en 2004 et 2007 aux pays d'Europe centrale, aux pays baltes, à Malte, et à Chypre a atteint la dimension continentale. Un traité qui met un terme à la querelle institutionnelle (non issue de l'échec français au traité constitutionnel, mais présente depuis Maastricht). Un traité à ce point à minima que le Président de la République l'avait intitulé, faute de mieux « simplifié ». Et pourtant ce « S » . mais c'est bien sûr ! Ce « S » C'est celui de Sarkozy !

Et en un mot le traité simplifié devint. le traité « Sarkozy ». C'est lui qui l'a pensé, c'est lui qui l'a négocié, c'est lui qui l'a accouché.

Un Président visionnaire. Il y avait pensé dès la présidentielle. Un Président pragmatique. il a convaincu les plus récalcitrants. Un Président courageux malgré la tristesse d'une rupture conjugale, il fit face au petit matin pour arracher le bonheur de relancer l'Europe. Bref ! Rien ! . Aucune image ne nous aura été épargnée.

L'Europe désembourbée, vous l'avez rêvé. Nicolas Sarkozy l'a fait !

La Présidence de l'union par l'Allemagne n'y est pour rien ! Les résolutions du Parti Socialiste Européen agissant en coulisse, négligeables ! Le sens Européen d'un Prodi, secondaire ! L'approche des élections Polonaises où l'opposition menaçait - et finalement triomphait - des frères Kazcynski au nom de l'Europe, nenni ! La volonté de Gordon Brown se voir ce débat derrière lui. Car ce dernier n'a pas repoussé les élections législatives pour se « taper »  un référendum. Tout cela n'existe pas.

Le traité simplifié c'est tout simplement le traité Sarkozy !!!

De retour à Paris, tout le personnel politique du pouvoir Sarkozien est convoqué au siège de l'UMP. Dimanche soir, un peu interloqués, les hiérarques Sarkoziens se passent de leur plateau repas/Télé pour entendre la doc parole présidentielle. Si Sarkozy n'a pas reçu les partis politiques Français comme il l'avait fait au mois de juin, c'est qu'il a une idée derrière la tête.

Devant l'UMP le Président ne s'attarde pas trop mais présente la feuille de route : « chantez ma gloire, chantez mon succès, chantez mon étoile et vous en aurez les retombées aux municipales ! »

Il ne s'agit pas que la France adoube un nouveau traité. Sarkozy n'a aucune crainte. Non il s'agit que la France adhère à la méthode et à la réussite du traité « S ». A défaut de simplifier le débat, le message est simple ; Il s'agit de mettre l'opposition dans l'embarras ! Avec comme seule échappatoire opter pour le plébiscite parlementaire ou la division partidaire !

Le traité n'est que le prétexte à la contre attaque Présidentielle. Le soufflé passablement essoufflé veut faire de l'Europe minimal une victoire finale.

Franchement voter « oui » ne devrait pas poser trop de problèmes, même pour les europhiles sans enthousiasme. Seule la volonté de transformer à la veille des municipales, le débat en une adhésion ou en division pose problème.

Ceci est tellement clair que le Président de la République prie Monsieur Balladur de différer de quelques jours l'annonce de la réforme constitutionnelle.

Pour que la manouvre, que dis-je, la mise en cause soit efficace, il faut de la visibilité. Alors pas question que la gauche se refasse la cerise sur le débat de savoir ou pas, si le président doit venir devant l'Assemblée Nationale, ou que la majorité se divise sur la proportionnelle. Il manquerait plus que cela ! Déjà qu'ils n'ont pas voté comme un seul homme pour le texte sur la maîtrise de l'immigration.

Non le Président veut du temps pour que l'on chante ses louanges. D'ailleurs ses portes paroles s'y emploient dans tous les médias. On fait monter les « anciens » de la gauche en 1ère ligne : Kouchner et Jouyet osent un papier sur la victoire. de l'audace. Je suppose qu'ils pensaient à la leur !

Le Président souhaite que l'on souligne une opposition divisée, impuissantée, empêtrée entre le « oui » et le « non ». François Fillon s'y emploie d'ailleurs à l'Assemblée en louant la cohérence. du PCF pour le « non ». Et puis après le vote que le « oui »  au traité soit l'élargissement de « sa » majorité.

« Oui » critique ou préserver l'union

Le PS n'est pas tombé dans ce piège ! Mis à part Jean-Luc Mélenchon qui veut rejouer un match où il a tellement rêvé. Le PS a décidé de ne pas faire obstacle au traité, de ne pas dire « non ». C'est déjà énorme, ce devait être l'annonce. Reste la formule à construire entre le « oui » critique au traité simplifié et l'abstention au traité « Sarkozy », s'émancipant de toute consultation populaire, comme l'ont plaidé Pierre Moscovici et Bernard Poignant, avec une nette préférence pour la première formule.

Les socialistes sont Européens. Ils ne veulent pas bloquer ce traité compromis à 27 pour sortir l'Europe d'une crise rampante. En une soirée au Bureau National du PS, le camp du « non » frontal s'est réduit à une personnalité. L'obstacle à la ratification du traité simplifié c'est en fin de compte Sarkozy lui-même qui a décidé de faire de ce qui va de soit, un argument pour soi.
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (4)   
Mercredi 24 octobre 2007
publié dans : Médias
plume_note.jpg Jeudi 25 octobre, je suis l'invité de Politiquement show sur LCI à 19h10.

à demain !
recommander créer un trackback
commentaires (0)   
Mardi 23 octobre 2007
publié dans : En direct du 19ème arrondissement
agenda.gifConseil d'Arrondissement:
Le prochain Conseil d'Arrondissement se tiendra le lundi 5 novembre à 19h dans la salle du conseil de la Mairie du 19ème. Retrouvez l'ordre du jour et les comptes-rendus des précédents conseils ici.

Conseils de quartier:

Deux conseils de quartier vont se réunir prochainement. Le premier est celui la Porte des Lilas, il se réunira le jeudi 8 novembre 19h à l'école élémentaire 59, rue de Romainville. Le deuxième conseil de quartier est celui de Danube le lundi 19 novembre 19h à l'école élémentaire du 40, rue Manin.

Forum pour l'emploi des jeunes:
Le mardi 13 novembre 9h30 - 17h, la Mairie du XIXème accueille l'édition 2007 du "Forum pour l'emploi dans le 19e". Cette année, le forum est dédié aux jeunesde 16 ans à 30 ans en recherche d'emploi. Vous pouvez consulter les premières offres ici

Commémoration du 11 novembre:
Le dimanche 11 novembre, les associations d'anciens combattants commémoreront le 89ème anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918. La cérémonie aura lieu à 11h30 à la Mairie du XIXème. Parallèlement, une exposition est à découvrir du 5 au 17 novembre dans le hall de la mairie.

ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (0)   
Lundi 22 octobre 2007
publié dans : Actualité

Ne transformez pas le congrès de refondation du PS en primaire des présidentielles ! Après « des sous entendus » à propos de la candidature possible du maire de paris à la présidentielle, au travers du poste de premier secrétaire lors du prochain congrès, après l’annonce d’un congrès préparant le retour de l’actuel premier secrétaire en vue de la même présidentielle; C’est aujourd’hui l’évocation -dans Libération- par notre ancienne candidate, d’un congrès où elle n’exclut pas de postuler à conduire le PS l’année prochaine.

 

Je suis inquiet par cette tentation de transformer le congrès du PS en un congrès de pré-désignation à la présidentielle.

 

La droite, malgré une semaine noire est à l’offensive. Il n’y a pas un domaine de notre vie, économique, sociale, culturelle, voire institutionnelle qui ne fasse l’objet d’une agression, d’une remise en cause, d’une attaque. Droit de grève rogné, syndicats bousculés, voire stigmatisés ou décrédibilisés, libertés écornées dans la justice, l’immigration ou simplement à la télé, pouvoir d’achat à la baisse, santé, sécurité sociale, retraites attaquées, sans évoquer le pouvoir absolu du Président : les nôtres souffrent !

 

Alors dans la rue ou lors des municipales, l’opposition de gauche a besoin de clarté, d’imagination et d’union. Comment pourrions-nous dans ces conditions présenter le visage désolant des querelles d’ambitions ?

 

Notre parti est fragile, déclencher maintenant une querelle pour quatre ans engagerait le pronostique vital du P.S .

 

Vous ne gagnerez rien à précipiter un combat incertain au dénouement lointain. Il est illusoire de trancher préventivement la crise de leadership, car les perdants d’un jour n’auront de cesse de prendre leur revanche. Tous les jours, Il vaut mieux rassembler plutôt qu'éliminer, lorsque l’on se fixe un jour de rassembler la France.

 

Le rassemblement doit se faire par l’orientation et non par la désignation de l’un contre les autres. Car gagner dans ces conditions, c’est obligatoirement produire un régime intérieur du P.S visant à museler toute opposition. Le PS a besoin de respirer, d’ouvrir portes et fenêtres, de s’ouvrir aux autres, à la vie d’aujourd’hui.

 

Nous avons besoin d’une orientation claire et cohérente. D’une gauche des temps modernes, d’un socialisme du réel. Et point de faux débats ou de postures pour se départager. Nous avons besoin de fixer la stratégie du parti : celle du parti de toute la gauche et non d’utiliser les alliances pour se départager. Nous avons besoin d’un collectif et surtout pas d’un despotisme plus ou moins bien éclairé.  Nous avons besoin d’une opposition de projet et pas d’une opposition tenaillée, "bringuebalée" par les débats de personnes.

Précipitez pas ! La querelle des présidentiables n’est qu’un substitut au renouveau de notre formation, il faut respecter le calendrier qui a été adopté, la désignation à la présidentielle n'aura lieu que dans trois ans. N’affaiblissez pas l’union déjà fragile des socialistes. Vous porteriez un coup majeur à la gauche à un moment où elle n’est pas au mieux de sa forme.

 

Nul n’est illégitime, ni éliminé à priori de la présidentielle, il n’y aucune raison de se précipiter !

 

Travaillons ensemble à un congrès d’union, au congrès inaugurant un cours nouveau, c’est le meilleur service que nous pouvons nous rendre collectivement.

ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (4)   
Vendredi 19 octobre 2007
publié dans : Parti Socialiste
Félicitations à Roger Madec qui a été désigné hier soir par 90% des socialistes du 19èm arrondissement. C’est un encouragement à continuer le travail de rénovation du 19ème arrondissement, à rassembler la gauche et les socialistes.

Jean-Christophe Cambadélis

ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (0)   
Lundi 15 octobre 2007
publié dans : Bloc-Notes
La semaine noire de Nicolas Sarkozy

plume_note.jpgEt tout à coup en dix jours la superbe Sarkozy fut ébranlée. Ce fut d’abord le faux pas vis-à-vis de Poutine. Le Président de la République fanfaronnant « sur l’Iran, Poutine a changé », les points de vue seront rapprochés. Autant d’assertions aujourd’hui démenties. Ce fut la faute de goût le soir de la défaite de la France en rugby, face à l’Angleterre. Nicolas Sarkozy n’eut pas un mot ; Alors qu’il embrassait Bernard Laporte huit jours plus tôt lors de la victoire de la France contre la Nouvelle Zélande. Ce fut aussi la fausse note avec cette polémique Lagardère-Villepin, elle-même l’expression de la lutte à mort que se livrent le Président de la République et l’ancien Premier ministre au travers de l’affaire EADS et qui abîme la France.

C’est aujourd’hui la fausse piste sur la santé. Le pouvoir ne prend pas la mesure de la catastrophe sanitaire, la crise du modèle libéral que manifeste les internes et les externes en grève. C’est le faux semblant à propos des négociations sur les retraites dans la fonction publique. Le ministre indique que « tout est amendable » mais ajoute aussitôt « rien n’est négociable ». Il récolte comme il se doit la grève générale des transports le 18 octobre.

C’est le faux bond de Madame Rachida Dati aux professionnels de la justice en refusant de négocier la carte judiciaire. C’est enfin la fausse solution que représente l’adoption du test ADN pour l’immigration, remettant en cause un principe républicain et provoquant au-delà de la gauche un Zénith éclectique et unanime dans la réprobation.

En dix jours, Sarkozy a tout faux et aborde - au-delà des sondages à la baisse et des rumeurs de divorce présidentiel à la hausse – sa première semaine noire.

Revers diplomatique, fautes psychologiques, querelles de personnes, embouteillage de contestations y compris de la base sociale du régime, le tout dans une situation de crise économique inattendue grèvant un peu plus un pouvoir d’achat en berne.

Nicolas Sarkozy n’est plus à l’offensive, son discours sur l’ouverture « est déjà mangé ». Il doit palier au plus pressé. Il apparaît tout à coup courir après les évènements, alors qu’il estimait il y a encore huit jours être le maître du temps.
Ce n’est pas encore l’heure de la disgrâce mais ce n’est plus l’état de grâce. Nicolas Sarkozy n’est pas encore personnellement en cause mais sa méthode, en première ligne, est déjà chahutée.
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
commentaires (2)   

Commentaires

Calendrier

Octobre 2007
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recherche

 
mettre des photos en ligne sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus