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Un doute Royal

Aujourd'hui, la République Française commémore pour la première fois l'abolition de l'esclavage. Pour beaucoup de nos concitoyens, cette commémoration est une avancée fondamentale, un pas important vers la reconnaissance d'une partie peu glorieuse de notre histoire commune. Je vous conseille ce post publié sur le blog de Pierre Kanuty un camarade de longue date.
Clearstream ou le piège pour un clan
Cette photo aussi dans Marianne où Chirac semble las, terriblement las, aux côtés d’un Villepin absent, d’un Sarkozy droit comme un « i », presque à s’en briser.
Cette photo enfin, à la Une du Monde, où Sarkozy regarde de biais avec un regard étrangement reconnaissant le Président de la République.
Villepin fut programmé 1er ministre pour contenir Nicolas Sarkozy, voir pour le réduire. Il se prit au jeu et voulu s’émanciper quitte à se griller. Sarkozy « trop petit et de trop petite extraction » comme disait l’autre, est un acharné de la reconnaissance. Il court après Chirac, après que les Juppé, Seguin et autre Debré aient jeté l’éponge. Chirac, lui, pensait secrètement il y a un peu plus d’un an que tout était possible. Il suffisait de contenir les uns et de diminuer les autres. Il est fourbu alors que l’ouragan est venu.
Cette guerre de « trois » au cœur de l’Etat et avec les moyens de l’Etat. Ce conflit privé où le peuple n’intervient pas, où l’arène, ce sont les médias. Ce « Dallas » à la Française où les acteurs sont des professionnels de la manipulation d’Etat. Tout cela est un pur produit de la 5ème République.
Il suffit de lire Focard se rendant chaque soir dans le bureau de De gaulle, pour se convaincre que cela n’était pas le trait le plus glorieux du fondateur de la 5ème République. Mendès, Mitterrand, Chaban, voir Giscard en savaient quelque chose. Tout cela a un parfum année 60 avec la technologie du jour… Il est vrai que OSS 117 est à a mode.
Clearstream, il est maintenant probable que sur la base d’un règlement de compte –si je puis dire- industriel, on a greffé artificiellement une affaire politique pour la rendre explosive. Mais ceci a trop bien marché car Chirac et Villepin, pas ou peu dupes, ont voulu l’alimenter. C’était à l’époque où Chirac y croyait encore, où Villepin y croyait fort et Sarkozy s’imposait à la tête de l’UMP.
Et puis il y a eu le CPE et le discrédit social. Quand l’affaire explosa, Villepin n’était déjà plus là. On connaît la phrase du Président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré : « Nicolas a tué Villepin, il veut l’achever d’une balle dans la tête ». Charmantes les révélations entre ces jeunes gens…
Ourdie en d’autres temps, elle se retourna contre ses concepteurs. Le boomerang atteignait le 1er ministre et menaçait le Président de la République. Chirac se dit qu’il serait trop bête, après avoir déminé tant d’affaires le concernant, de tomber sur une affaire ne le concernant pas.
Il s’est donc convaincu à sacrifier son fusible Villepin, déjà passablement endommagé.
Il y a chez le Président, l’idée que le changement de 1er ministre va souffler l’affaire. Mais précisément. Nicolas Sarkozy hésite. Non point au regard de son intention présidentielle. Il sait qu’il a besoin de prendre l’air pour parfaire la légende de l’alternative au sein de la droite. Il sait que devenir le 3ème premier ministre du quinquennat c’est endosser ce dernier tout en entier. Il sait que cela ruine un peu plus une stratégie déjà entamée par le CPE.
Il hésite car une fois Villepin dégagé, les questions vont se diriger vers lui. Pourquoi le ministre de l’Intérieur, qui considère que ce sont des voyous qui ont organisé ce complot au cœur de l’Etat, est-il resté ministre de l’Intérieur ? L’homme d’une nouvelle pratique politique ne devait-il pas démissionner ? Pourquoi alors qu’il avait connaissance du rapport de la DGSE le mettant hors de cause, lui et les autres, ne l’a t-il pas fait connaître à la presse ? Pour éviter la deuxième affaire, la manipulation dans la manipulation, Nicolas Sarkozy doit, soit rester au gouvernement, mais avec qui ? Soit devenir 1er ministre. Et voilà comment une manipulation d’Etat censé faire place, se met à piéger toutes les parties prenantes. Jacques Chirac qui se voit contraint d’envisager Sarkozy, Villepin qui voit son peu de crédit ruiné, et Nicolas Sarkozy qui espérait s’en aller, contraint de rester. S’il accepte il est emmuré vivant dans le tombeau de Chirac. S’il sort, il est la proie de la dynamique de ce Watergate à la Française. Et s’il ne se passe rien, l’affaire s’installera à l’Elysée et embourbera les trois.
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