Iran, l’imminence d’un bombardement US ?
Les Généraux US à la retraite, Robert G. Gard JR et Joseph P. Hoar et le contre Amiral Jack Shanahan viennent de lancer un appel à Tony Blair. Ils lui demandent d’user de son influence pour éviter ce qui pourrait être le bombardement de l’Iran.
Dans une lettre, ils jugent cette possibilité si imminente qu’ils déclarent : [Une attaque contre l’Iran] « aurait des conséquences désastreuses pour la sécurité dans la région et ne ferait qu’exacerber les tensions locales et régionales ».
La gaffe de Jacques Chirac était-elle un lapsus ? Chez un homme qui sait la décision probable ?
Et l’envoi de 21 500 hommes par Georges Bush en Irak n’est-il pas plutôt préventif que curatif ? N’a-t-il pas pour objectif de faire face aux conséquences dans le sud Chiite Irakien d’un raid Américain?
Les demandes au Congrès de 145 milliards de Dollars pour la guerre antiterroriste en 2008, ne procèdent-elles pas de la même préoccupation ?
Et l’Arabie Saoudite, après avoir évoquée une probable guerre civile entre Arabes, qui se propose maintenant pour une « paix des braves » entre le Hamas et le Fatah, convoquant à La Mecque Mahmoud Abbas et Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas.
Quant au chef de l’armée Britannique à Bassora, n’a-t-il pas évoqué la nécessité de se replier comme si il pressentait un choc imminent ?
Le Secrétaire à la Défense Robert Gates, n’a-t-il pas décrit les quatre guerres en Irak ? Chiites contre Chiites dans le sud, puis intercommunautaire, celle des insurgés et enfin de Al Quaïda. Comme si la multiplicité des fronts réduisait la capacité à présenter un front uni.
Ceci ne présage rien de bon. La France engagée, avec l’Angleterre et l’Allemagne, dans un bras de fer avec l’Iran sur le nucléaire, sera-t-elle contrainte –en cas de bombardement- de se désolidariser dans la méthode tout en approuvant le but ?
Voilà un évènement qui, s’il surgissait dans la campagne électorale, en bousculerait les données.
Est-ce pour cela que Sarkozy veut rester à l’intérieur ? Dans un accord dit-il avec Jacques Chirac ! Ou a-t-il d’autres raisons du même style ?
En tous cas il serait bon que chacun lève le regard vers cet horizon… car ces nuées portent l’orage.
Le tour de passe-passe de Sarkozy
Le ministre de la police-candidat à la présidentielle, est en passe de réussir un sacré hold-up. En effet, depuis le début de sa campagne, il ne décline plus que la France « d’après ». Le tout sur un ton bonhomme comme s’il n’était pas membre du gouvernement depuis cinq ans !
Le ministre de l’économie et des finances, au bilan désastreux, disparaît derrière le ministre de l’intérieur aux résultats cotonneux qui lui-même se dérobe derrière le candidat talentueux préoccupé par l’après... « The day after » c’est tout de même un film catastrophe où le monde occidental est recouvert par plusieurs mètres de neige et donc paralysé…
François Fillon a poussé la manœuvre à son terme en déclarant au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI qu’il est temps « de tourner la page Chirac » ; Ajoutant, un brin condescendant : « Le Président a son histoire, son bilan, sa culture » mais « ce n’est pas lui qui peut aborder ce tournant dans les meilleures conditions possibles ». Pour un peu ils vont nous transformer Jacques Chirac en « Hibernatus ».
Sarkozy a tellement fait fort contre l’immobilisme du gouvernement en terme d’éducation, que de Robien a faillit s’étrangler. Sarkozy n’en a cure. Il va les mains dans les poches, sifflotant. Il chante sous la pluie… des sondages !
Sarkozy ne veut pas de bilan parce qu’il se souhaite un avenir.
Evidemment le candidat sortant ne veut pas être confronté à la froide réalité. Président de l’UMP, il a cautionné; Ministre, il a appliqué; Candidat, il va évidemment continuer…
Retraites ! CPE ! Recherche ! 35 heures ! Sécurité sociale ! « Ne regardez pas ce que j’ai fait voter et soutenu. N’ayez de regards que sur ce que je vous promets ».
Et Sarkozy de nous balader dans les chausses de Jaurès, de se faire photographier dans les bras des « gars de Rungis », de nous emmener au 10, Downing street, visiter son nouveau « pote » Tony Blair. Pour un peu il chanterait Edith Piaf et porterait la gapette de Gabin ! Sarkozy braconne sur nos terres. Il faut commencer la bataille de l’avant.
Car il est temps de rappeler « au candidat sortant » qu’il ne sort pas du néant !
Surtout lorsque l’on sort de son émission de TF1 « j’ai une question à vous poser ». Nicolas Sarkozy est apparu très au point, peut-être même trop. Ce n’est plus une présidentielle mais « Question pour un champion ». Le Président de l’UMP a résumé sa philosophie électorale « j’oublie tout, « je sais tout », je promet tout ». Bref « Monsieur tout » ! Tout ! Il se veut possible parce qu’il a réponse à tout. Sarkozy est ainsi la filiation improbable de Chirac et de Juppé. Il a ce côté vendeur à la sauvette du premier et droit dans ses bottes du second. Il peut tout plaider avec le même aplomb. Il ne rassure pas, il ensevelit. Il n’indique pas, il submerge. Il ne raisonne pas, il assène.
Mais là où ce type d’émission lui est très utile, c’est qu’elle crédibilise le débat autour de la promesse, et exclut le politique qui enserre celle-ci dans le bilan et le dessein.
Raison de plus pour ne pas le laisser s’échapper de son passé.
Bayrou, le 3ème homme
Quand on me parle du « 3ème homme » c’est plus fort que moi, j’entends l’immortelle cithare d’Anton Karras. Puis me viennent les images d’Orson Wells en Harry Lime, mêlé à un odieux trafic de pénicilline. Cet Harry Lime dont Orson Wells disait qu’il l’avait crée de toutes pièces en référence au personnage Shakespearien du bâtard du Roi Jean. Mais là où ça se gâte vraiment, c’est lorsque je songe à la longue scène des égouts et des doigts qui passent à travers la grille… Pas sûr que ceci soit la bonne image pour les prétendants.
Prétendants à quoi d’abord ? À être le premier des perdants ? Rappelez-moi ! Il n’y a toujours que les deux premiers au deuxième tour ? Alors ? Alors voilà pourquoi les médias sont tant friands du troisième homme. C’est une manière comme une autre de se faire pardonner du deuxième tour annoncé !
La quinzaine Bayrou bat donc son plein, même si avec déjà 4% José Bové pointe le bout de sa pipe pour la quinzaine à venir.
Va pour Bayrou ! Il présente l’immense avantage sur le Hulot, d’être un caillou dans la chaussure de Sarkozy. Même si la droite, de Fillon à Devedjian, le pare d’une vertu de rabatteur pour Sarkozy. Il est peut-être les deux. Il n’a pas totalement choisi.
Dans cette pré-campagne, il y a trois figures imposées : l’empathie sociale, l’urgence écologique et l’anti-système. Bayrou, pour l’instant, se distingue dans ce registre. Il me fait sourire avec son côté « Chavez des couches moyennes », partout brocardant et stigmatisant le système de la Vème République dont l’UDF est un pur produit. Ne sous-estimons pas l’effet Marine Le Pen en rendant « politiquement correct » l’anti-système. Elle a repassé par mégarde la chemise à Bayrou.
Mais honnêtement dans l’immense chantier de remise en ordre de la Maison France. Bayrou ne serait pas de trop, s’il acceptait de faire un pas vers ceux qui, à gauche, ne demandent que ça. Le problème c’est que si il a rompu avec la droite. Il n’a jamais voulu symboliquement évoquer qu’il envisagerait de gouverner avec la gauche.
Alors son projet est un peu un canif sans lame. Car enfin admettons qu’il fut un jour président ! Certes les moustaches d’Henry IV en frétillent d’aise ! Mais le côté « Paris vaut bien une messe » n’est pas un sacerdoce.
Son gouvernement des « bonnes volontés » présuppose des candidats à la trahison de leur formation politique. Tout au moins des candidats à les quitter.
Puisque Bayrou veut construire une sorte de « Kadima » à la Française, il faut bien que certains désertent l’UMP et le PS.
Cette démarche proprement bonapartiste, cassant les partis ou les arraisonnant, a bien peu de chance de l’emporter. Surtout à gauche où le souvenir de la loi Falloux et de la plus grande manifestation laïque contre un ministre de la République est vivace. Pour « casser » les partis, projet un peu guerrier, il faut un De Gaulle et Bayrou reste un démocrate chrétien.
La lecture des interventions sur le blog de François Bayrou sont à ce titre illustratif du but assigné à l’entreprise : « (…) Les héritiers des chrétiens-démocrates que nous sommes avons de plus vocation à faire coïncider les principes de fonctionnement du royaume de la politique avec les valeurs consubstantielles à la politique du Royaume, autrement dit avons pour mission d’organiser la vie de la cité autour du projet de société basé sur l’Amour du prochain, c'est-à-dire la fraternité et la solidarité. Dans le cadre de cette « démocratie chrétienne rénovée », nous avons pour obligation d’agir pour l’homme par Dieu et non d’agir pour Dieu par l’homme caractéristique essentielle de la théocratie. Dans cette mouvance, Saint Ignace de Loyola précise que le bien est d’autant plus divin qu’il est universel. Cela implique en particulier qu’une bonne réforme ne doit délaisser personne. Ce critère d’appréciation de la pertinence d’une réforme est indépendant de la couleur politique de ses auteurs et en ce sens la réconciliation nationale peut se faire autour de réformes audacieuses et justes pouvant être proposées, approuvées et mises en œuvre au-delà des clivages politiques traditionnels et dépassés ». Bref un « centre politique » « au-delà » -si je puis dire- des factions comme l’expression du corps unique du christ. Je n’ose imaginer ce que la gauche en aurait dit dans les années 70. Si je ne suis pas sur que cette version très « La Croix » d’hier de l’extrême centre soit au goût de Marianne, je ne suis pas certain non plus qu’elle soit adoubée par l’esprit laïque du PS.
Voilà pourquoi François Bayrou est pertinent lorsqu’il pointe les méfaits de la mondialisation ou de la Vème République. Mais complètement perturbant et dangereux lorsqu’il refuse de gouverner avec le PS et se fixe comme objectif le débauchage voir de casser celui-ci.
Les raisons d’une réplique à un pote !
Maurice Szafran, le talentueux directeur de la rédaction de Marianne, ne prend pas souvent la plume. Alors lorsque c’est le cas, évidemment on s’y arrête à deux fois. L’ami Maurice s’en prend avec véhémence à la bourgeoisie d’influence. Le concept est fort joli, Laurent Joffrin s’y est essayé et même Lionel Jospin. Il demande tout de même à être étayé. Cette dernière s’en prendrait à Ségolène Royal. Cela n’a pas toujours été le cas, « n’est-ce pas Maurice ? », mais pourquoi pas. Ces « méchants » fréquentent les mêmes restaurants, couturiers (mazette !... Tu veux parler de… Paule Ka ?) Hôtels etc. « Tu en sais des choses, dis-moi ». Ils sont tous de mèche pour la faire trébucher : Le « complot des bobos », tremblez braves gens ! Et notre auteur emporté par sa plume condamnant au néant de conclure : « Nicolas Sarkozy appartient à leur bande, Dominique Strauss-Kahn aussi ». Ah, et voilà donc pourquoi votre fille est muette ! Il va falloir que l’on regarde avec qui déjeune DSK… Maurice Szafran pourrait en être chahuté… En tous cas l’ami, pas avec Nicolas Sarkozy… N’est-ce pas ? Cela me fait penser qu’on n’a pas déjeuné ensemble depuis un moment… Je compte sur toi, on parlera des bourgeois et puis… de Nicolas !
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