Lundi 12 mai 2008

publié dans : Bloc-Notes
Sarkozy : l'arroseur médiatique arrosé

Incorrigible ce Nicolas Sarkozy ! Il avait bâti une nouvelle Com. autour du président régalien et voila qu'en deux temps trois mouvements, sur un coup de colère, il met tout parterre. D'abord, en accélérant le rythme des sorties et des déclarations. Ça, on s'y attendait, il ne sait pas se tenir. Mais surtout en s'attaquant à nos « vaches sacrées », les médias...

Ce n'est ni le style, ni l'absence de croissance, ni le paquet fiscal, ni le pouvoir d'achat, ni les franchises médicales qui sont la raison du désamour français. Mais tout réside dans le retournement des médias. Qui n'ont rien à voir avec l'état de l'opinion, comme chacun le sait.

Dans le collimateur du courroux présidentiel, Marianne évidemment, le Nouvel Obs. et Le Monde, mais aussi l'AFP et TF1, ce qui, là, est franchement drôle. Ces méchants sont trop complaisants pour Ségolène Royal et trop méprisants pour son œuvre.

Et voilà l'homme qui s'est propulsé sur les hauteurs grâce au tremplin médiatique s'étonnant que l'on puisse le critiquer.

Et oui, ces pauvres médias... Ils regardent les sondages. Pire ils observent le résultat des élections. Et qu'est-ce que vous voulez qu'ils disent... Tout va bien... Formidables résultats... La France change en mieux.... Une réussite incomparable... À force de fréquenter Poutine, Ben Ali et Kadhafi, notre Président a pris goût à la presse aux ordres. L'arroseur des médias arrosé est franchement bien malvenu pour faire la leçon sur un excès des médias.

À propos de l'offensive de Bertrand Delanoë

Le congrès du PS est pour l'instant un grand classique, tout entièrement dominé par une question de leadership, même si les candidats se parent d'un discours avenant sur la rénovation.

Depuis le 3 janvier, Ségolène Royal a posé sa candidature. Elle l'agrémente d'une recherche participative au travers d'un questionnaire. Ce n'est pas mal, même si c'est un peu court. Bertrand Delanoë est dans un tout autre registre. C'est le bon vieux texte d'appel... Un peu totalisant. C'est plutôt mieux, mais cela pose quelques questions.

Pourquoi maintenant ? Peut-on réclamer le respect des règles et les transgresser d'emblée ? Etait-il judicieux de commencer dès maintenant la chasse aux signatures, au risque de provoquer des raidissements ? Est-il sérieux de dire vouloir jouer au sein du collectif, présenté par ordre alphabétique, mais faire de Bertrand Delanoë le premier signataire « hors-sol » pour reprendre une formule du texte ?

Mais enfin, il y a un texte. Il y a des idées. Il y a l'ébauche de ce que Bertrand Delanoë et Lionel Jospin voudraient pour le Parti socialiste. C'est déjà un progrès.

Nous qui « pondons » textes sur textes depuis plus de 8 mois, nous nous sentons un peu moins seuls ! Nous avons aussi la joie de retrouver nombre de nos formules et idées dans ce texte. Comme quoi si « Socialisme & Démocratie » n'existe pas, ses idées marchent sur l'eau.

En effet, ce texte emprunte beaucoup aux débats collectifs du parti. Alors au niveau du constat nous nous retrouvons. Encore que, l'absence de référence à l'éclatement de la sociologie française qui était présente dans la convention sur l'état de la France, démontre que le présupposé « classiste » est toujours là.

Ce n'est pas essentiel même si c'est signifiant. Le reste ne pose pas de problème : la France n'a plus de modèle ni de repère. Elle est en quête d'un nouvel espoir. Elle s'affaiblit dans le monde. « L'économie de la connaissance et le développement durable » est une nécessité. Comme l'est aussi un état prévoyant. Il faut repenser nos valeurs. Jusque-là tout va bien. Il en va de même sur les alliances : commencer par nous ne pas se subordonner aux autres. Une discrète critique de l'alliance avec le Modem que tous les signataires n'ont pas dû lire. Bref, une orthodoxie impeccable agrémentée du « best of » des meilleures idées en cours.

Il reste quand même trois désaccords et quatre manques qui ne sont pas sans poser souci.

D'abord la nature de la crise du Ps. Si on comprend le texte, la défaite de 2007 est un accident de parcours. On comprend que la faute en incombe principalement à Ségolène Royal, ce qui est possible, probable mais est-ce suffisant ? Pourquoi ce refus d'aborder la défaite de 2002 ? On nous répond que ce sera fait dans un prochain ouvrage. Très bien, mais autant partir de là. Pourquoi ce refus de situer les échecs du PS dans la crise de la sociale démocratie Européenne. Notre démarche va au-delà d'une critique sourcilleuse. Ne pas prendre en compte ces deux phénomènes c'est d'emblée restreindre l'ampleur de la rénovation à produire. C'est réduire celle-ci à une remise en ordre, remise en forme, plutôt qu'une reformulation pour un nouveau cycle politique qui dépasse le seul socialisme français. Il ne faut pas exclure ce qui relève strictement du PS, mais ne pas réduire nos taches au retour à la morne d'hier.

Le deuxième problème est à propos du parti de toute la gauche. Là on ne peut pas dire que ce soit l'enthousiasme. « Sans doute l'idée neuve » mais ici encore pour les rédacteurs, la tache de l'heure c'est principalement la restauration du Parti socialiste.

Le souci est que l'on ne peut pas penser la restauration indépendamment de la perspective. Sinon notre vision stratégique est l'hégémonie : laissez venir à nous les faibles... Et un brin paternaliste réduisant la nouvelle alliance à l'octroi de quelques postes. Il faut au contraire en faire l'axe stratégique, se donner les moyens et se rénover pour ce but.

Le troisième problème est bien sûr la question du premier secrétaire. Non sur le nom, le texte n'en avance pas. Mais la démarche est censées faire sens. À propos de la présidentialisation du PS, le texte canonne. « Le 1er secrétaire n'a pas à être prédéterminé ni dans un sens ni dans l'autre, par le choix qui sera à faire dans trois ans ». Ce qui s'appelle se laisser tout ouvert ! Éluder c'est tout de même y penser ! La preuve il y a un manque bien signifiant.

Pas un mot sur les primaires ni pour les adouber, ni pour les critiquer. On ne nous empêchera pas de penser que le retour à l'orthodoxie en ce domaine a un but... C'est le 1er secrétaire qui logiquement sera candidat. C'est une thèse, elle a sa force, autant l'assumer. Ce n'est pas la nôtre. Les primaires sont nécessaires tout à la fois comme stratégie de l'union et comme légitimation de notre champion.

Pas un mot non plus sur les institutions, le débat du moment est pourtant fondateur. C'est un peu étonnant surtout lorsque l'on veut mettre l'avenir sous la bannière du choix.
On nous permettra de dire que l'absence de perspective sur le PS lui-même : adhérents, structures, « gouvernance », place des élus nous laisse sur notre faim...

Comme le texte nous demande de ne pas avoir peur de nos différences, nous avons pris la liberté de les exprimer. Nous continuerons le débat avec le texte « Delanoë - Jospin » dans le but de déboucher sur une nouvelle donne au PS. Nous le ferons aussi lorsque Ségolène Royal ou d'autres s'exprimeront. Si on veut éviter un nouveau « congrès de Rennes ». Il faut bien que certains prennent les idées au sérieux...

Le regard de Jean-Christophe Cambadelis Interview accordée à François Bazin du Nouvel Observateur 7 Mai 2008

Le Nouvel Observateur. Qui est, pour vous, Olivier Bensancenot ?
Jean-Christophe Cambadélis. S'il n'était qu'un responsable de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale, vous ne me poseriez sans doute pas cette question. Olivier Besancenot est en effet un personnage original. Je dirais qu'il est le Gavroche de la multitude, pour parler comme Toni Negri, c'est-à-dire le porte-voix de tous les sans-droits - sans-papiers, précaires, déclassés... - censés bousculer la société telle qu'elle est.

N. O.Double visage ?
J.-C. Cambadélis. Besancenot, plus encore que les dirigeants traditionnels de la LCR, brandit davantage l'étendard de Guevara que les textes sacrés de Trotski. Ce qui me frappe surtout, c'est qu'il interpelle le monde tel qu'il est, sans jamais s'appuyer sur des références historiques ou idéologiques. Il y a chez lui un côté anarcho-révolutionnaire qui surfe sur la grève, la lutte, le mouvement de la rue. Cela doit parfois surprendre ses anciens. Y retrouvent-ils leurs petits ? Je ne sais pas mais, manifestement, ils sont fascinés par le petit !

N. O. - Besancenot, ce n'est qu'un coup de jeune pour un vieux parti ?
J.-C. Cambadélis. - Les stratèges de la LCR aimeraient capitaliser dans une nouvelle organisation, dont ils entendent garder le contrôle, la popularité de Besancenot. Je leur souhaite du plaisir. Cela dit, Besancenot est un jeune homme de son temps. Il incarne la radicalité d'une époque dépolitisée, désidéologisée où l'essentiel est dans l'interpellation et l'empathie qu'elle suscite.

N. O.Donc ce n'est pas pour vous un épiphénomène ?
J.-C. Cambadélis. Sur le plan médiatique, incontestablement, ça prend. Notre Gavroche ne fait pas la révolution, il interpelle l'opinion. Il râle, il gueule, il porte un discours de révolte, et ça plaît. Surtout à la télévision. Sur le plan strictement politique, je suis plus circonspect. Il y a un espace qui est celui de la radicalité à gauche. Il a toujours existé, mais il n'est pas immense. Cela dit, Besancenot n'est pas le seul sur ce créneau et c'est bien là tout son problème.

N. O.Pourquoi ?
J.-C. Cambadélis. Parce que, par construction, Besancenot ne cherche que le mouvement et même, pourrait-on dire, le monopole du mouvement. Il applique à merveille le précepte de Bernstein, le pape du réformisme social-démocrate : «Le but n'est rien, le mouvement est tout.» Dans ces conditions, il est difficile de discuter avec lui car il semble avoir exclu de son discours toute phase de compromis, toute stabilité d'accord avec d'autres organisations que la sienne. On le voit avec le PS, même si ce n'est pas l'essentiel, tant nos méthodes sont divergentes. On le constate surtout avec toutes les organisations qui se réclament de la gauche radicale, tels les comités alternatifs, le PC ou une partie des Verts.... Le ludion de la lutte sociale ne veut voir qu'une tête : la sienne.

N. O.Besancenot, diviseur des gauches ?
J.-C. Cambadélis. Il veut mobiliser la rue et dominer la gauche radicale. Le reste lui importe peu. Je constate que, il y a un an, il disait qu'il serait «le pire cauchemar de Sarko». Reconnaissez que nous sommes beaucoup d'autres à empêcher le président de dormir...

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Mercredi 7 mai 2008

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Lundi 5 mai 2008

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Avec le recul on comprend mieux les Français. Ils ont élu Nicolas Sarkozy pour démêler l'affaire européenne et le trouver là où ils avaient des problèmes. Fâchés avec leur vieux monarque Chirac. Les français ont envoyé promener la constitution européenne. Ils en furent un peu contrits. Ce qui explique que rien ne s'est construit sur le « non ». Mais la France fut aussi secrètement traumatisée qu'on ne trouva personne alors qu'elle en avait besoin. La canicule avait fait sens. L'immobilisme de gouvernement avait ses limites. Alors, ce candidat, sorte de Djinn toujours « sur le pont » à l'énergie médiatique inépuisable. Il les réconcilierait bien avec l'Europe et serait de toute façon toujours prêt. D'abord il fit merveille. Ce fut le Traité « très » simplifié Européen. Il oublia un peu ses partenaires mais on lui pardonna. Puis cela se gâta. Les prix s'envolèrent. Imaginez la tête des français lorsqu'ils virent surgir de la carafe présidentielle, un Djinn à rayban, chemise hawaïenne et top model au bras. Les Français le voulaient aux caisses des supermarchés ou des pompes à essence. Ce fut le yacht de Bolloré, puis Disneyland, les palaces égyptiens, le soleil de Pétra en décembre. « Moi la vérité je parle » disait Lacan. Cette « vérité si je mens » fit sens, le rêve se brisa. Il avait fait le job européen et maintenant ne servait à rien, pire il se servait. Et tout ceci se termina par un « casses-toi pauv'con » ; qui résonna clair aux oreilles des français : ils étaient éconduits.

Alors, l'opinion se déroba. Rien n'y fit. Ni la présidentialisation de la fonction, ni les yeux de biche de Carla Bruni. Les français boudèrent un pouvoir qui n'avait rien compris. Les municipales et les cantonales furent sa fessée. Alors penaud Sarkozy chercha à se faire excuser. Ne comprenant décidément rien, il répéta à l'envie vouloir administrer une purge ou une chirurgie de guerre à des français qui ne voulaient que des soins palliatifs.

La gouvernance médiatique fut pulvérisée par sa propre donne médiatique : il n'était pas au rendez-vous des français.

Le voilà donc « chiraquisé », ne sachant que faire. Le retour à l'occupation de l'espace médiatique conduirait à refaire vivre le « Sarko sauteur ». L'évanouissement médiatique le renverrait à Mitterrand/Chirac. On a l'étrange impression que Nicolas Sarkozy a déjà fait son temps. Il claironnait « donnez moi cent jours pour rétablir le politique ». En cinq cent il fit la démonstration qu'il ne savait que faire, comment faire, pour quoi faire ! L'austérité rampante s'impose. Les déficits publics s'aggravent. Sarkozy n'a les moyens d'aucune politique. Sa majorité se divise, le social se tend. Sarkozy, « l'homme qui surfait sur les évènements », est devenu en un an un homme seul dépendant des évènements.
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Lundi 28 avril 2008

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L'impossible renouveau sarkozien : De la rupture à la suture

Résumons, Nicolas Sarkozy se fait maintenant appelé « le » Président - tout un symbole - mais il n'a pas les moyens de son renouveau. Ce n'est pas la génuflexion devant ses erreurs. Ce n'est pas plus la cascade burlesque « Moi aussi j'ai commis des erreurs » du 1er Ministre et Madame Lagarde. Ce n'est pas non plus le discours humble qui oscille entre le « je » lorsqu'il s'agit de réalisation et le « nous » lorsqu'il s'agit des erreurs. Rien de cela ne donnera un deuxième souffle tout simplement parce que Nicolas Sarkozy avait promis la rupture et ne propose maintenant que la suture. Pire ! Son régime est marqué par le sceau du cadeau aux riches via le paquet fiscal. Le seul moyen de rebondir eut été de rompre avec cette ponction. Cela ne fut pas fait. Et les français ne voient pas où est le changement. Nicolas Sarkozy espère se maintenir à flot via la présidence française de l'Europe. Il va être économe de ses gestes après avoir été touché à tout. Le problème c'est que les français ont vu et la magie ne s'exercera plus. Un vieux proverbe africain dit « Plus le singe monte dans l'arbre plus on voit son cul... ». On excusera l'image mais elle vaut toutes les métaphores des communicants qui se pressent au chevet du chef de l'Etat.

Elections Européennes : Attention danger.

La France rentre dans l'instabilité chronique et le dysfonctionnement avec la sanction de Sarkozy et de sa politique lors des municipales, la crise institutionnelle est visible lorsqu'on compare la popularité du Président et du Premier ministre, des caisses vides, une conjoncture économique mondiale redoutable, des mouvements sociaux à la hausse, une austérité même déguisée déjà palpable, et une présidence française Européenne à hauts risques. Au-delà des sondages, le prochain round sera évidemment électoral. Ce seront donc les élections européennes.
Le Parti Socialiste tout à la joie de son succès, au délice de son congrès, ne se préoccupe pas du redoutable obstacle qui se dresse sur sa route. Il pourrait ruiner bien des ambitions et rebattre bien des cartes.

Et ceci pour plusieurs raisons. D'abord françaises, le gouvernement va devoir serrer la ceinture des français. Il est peu probable que dans un an la crise économique soit derrière nous. Et il serait étonnant de voir le pouvoir d'achat prospérer alors que Nicolas Sarkozy et François Fillon révisent la croissance à la baisse... La colère française ne désarmera pas. Mieux la tension sociale marchera du même pas.
Dans le même temps, le Traité de Lisbonne dispose que le Président de la Commission sera choisi au sein du parti politique européen qui aura gagné les élections au Parlement européen. Dans la nouvelle configuration, l'électeur européen se retrouvera dans la situation de l'électeur allemand ou britannique. Ces derniers, lorsqu'ils votent aux élections législatives nationales, ne se contentent pas de voter pour un parti. En portant leurs suffrages sur tel ou tel parti, ils participent à la désignation du Premier ministre britannique ou du chancelier fédéral allemand. Les partis européens (Parti Populaire Européen, Parti Socialiste Européen, etc.) seront donc amenés de présenter leur candidat ayant vocation à occuper le poste de président de la Commission. Ces partis devront faire campagne sur un programme à l'échelle européenne.

Cette situation va considérablement changer la donne politique :
La « parlementarisation » accrue du processus décisionnel communautaire (rôle dominant du Parlement européen dans la désignation du président de la Commission) déplace son centre de gravité de définitions des politiques européennes. Aujourd'hui elles sont définies par un accord entre le Conseil des ministres et le Parlement européen au travers d'une Commission fortement influencée quant à ses initiatives par les Etats membres. Après l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le Parlement européen sera en position de faire endosser son programme législatif par une Commission européenne, dont les deux principales « têtes » (le président de la Commission et le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité) seront vraisemblablement issues du Parlement européen. Dans l'ancienne configuration, le Parlement européen validait des nominations préparées par les chefs d'Etat et de gouvernement. Le lien entre la victoire aux élections européennes et le choix du président de la Commission est évident. Il est à l'avantage du Parlement européen, donnant une prime à des candidats venant de ses rangs lors de la constitution de la Commission. Compte tenu de cette « vraie politisation » de l'élection européenne, il est presque certain que la traditionnelle gestion commune exercée par le PPE et le PSE sur les textes adoptés au sein du Parlement européen avec le partage du mandat de cinq années de président du Parlement européen en deux demi présidences (2 ans ½ pour le PPE et 2 ans ½ pour le PSE) volera en éclats.

Chacun comprend que la combinaison entre « l'impossible renouveau » de la politique de Nicolas Sarkozy et la potentialité citoyenne ouverte par le Traité de Lisbonne ne vont pas marcher d'un même pas. Le PS sera porteur du programme commun social démocrate Européen. Il aura un avantage, le seul à gauche à pouvoir prétendre imposer son champion à la présidence de la commission. Mais aussi un désavantage être identifié aux sociaux démocrates Européens au moment où la radicalisation française sera à son comble. Cela pourrait être l'occasion de réveiller les démons de la division des socialistes français sur l'Europe. D'autant que nous sortirons de la présidence française. Observons ici ou là les velléités d'un Links Partei à la française. Mais nous aurons aussi la concurrence toujours possible d'une liste Nicolas Hulot-Cohn-Bendit. Souvenons nous de 1994, Michel Rocard, Premier secrétaire et tout désigné pour la présidentielle, trébucha sur l'écueil européen. Il est donc urgent de ne pas se satisfaire de la victoire des municipales, du rejet de Sarkozy et d'aiguiser seulement les couteaux pour le congrès du PS. Il est urgent de s'opposer, de proposer, mais aussi de définir la réorientation collective voulue par les socialistes français pour l'Europe. Mieux, il faut la faire partager par les sociaux démocrates européens. Et faire acte, par l'opinion que le vote pour le PSE est celui du renouveau européen nécessaire à tout la France. Sinon le PS ratera tout à la fois son rendez-vous européen et son deuxième pas dans l'alternative à Nicolas Sarkozy. Les municipales avait à gauche un spectre, le MODEM. Les européens en auront un autre bien plus redoutable car il « encodera » comme on dit maintenant nos alliances pour les régionales.


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Vendredi 25 avril 2008

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